je ne sais pas, je parle comme on élèverait la voix, non à toi comme dans une conversation mais comme dans une conversation vers le monde ou poussé par celui-ci, ou Dieu ou quelque chose en moi qui m’échappe, non comme un monologue mais une conversation, une forme de style qui tenterait de reproduire le monde dans le non dit de la phrase, le phrasé celui-la étant une évidence partagée, l’adresse alors n’est pas tant dans ce qui se dit que dans ce qui se véhicule, souvent à l’insu mais qui est le véritable moteur, les mots alors sont importants. Ils prennent la forme de la bouche et des bras, ils en ont l’odeur.

Le poète, le chanteur, le guerrier serait alors un brodeur et il a à cœur de poursuivre l’onde qu’il sent pousser et qui le noie sous la poussée le désir, parler c’est réinventer sous toute ses formes ce qu’il ressent, sans expliciter, le débarrasse de ses scories, de toutes allusions précises, pourrait  faire paraitre le monde neuf sauf qu’il en est  la pointe, comme un vent qui souffle, le guerrier est la lance du souffle et il en est la pointe, il incarne l’esprit  s’il n’est pas un vandale. Chamoiseau appelle le guerrier de l’imaginaire, le papillon vieux est un sage de l’imaginaire, tout se résume à une veille de l’imaginaire ou n’est qu’une avant-garde du monde réel, solide et puissant et que je respire. Il envoie ses messages comme un visage ou un fleur clame une arborescence. L’ellipse car le corps est contenu en silence et tout doit être célébré.

Des jeunes costumés paradent à la suite des "indians" dans une scène de "Trreme"
Des jeunes costumés paradent à la suite des « indians » dans une scène de « Trreme »

Ce qui demeure dans la musique lorsque j’entends la trompette et parle à bout de bouche,  si précise qu’il n’est plus besoin de  préciser,  il suffit de se porter à bout de bras, tous les jours recommençant et ramenant au bord des lèvre les mots qui sont le premier fil et puis coudre, rapiécer à partir de cette même pièce, obsédé à ramener toujours ce même premier départ. C’est une antienne, les jours partent de ce premier moment du réveil et des intestins, de la plante des pieds qui veut toujours créer du nouveau toujours avec sa voix qui se ramène à quelques procédés et une envie toujours intacte qui se découvre.

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