complément d’enquête

le livre qui n’est pas un livre

ne se trouve pas sur l’étagère

ne se trouve pas dans le carton

ne sort pas des camions de l’imprimeur

ne sert pas à allumer le feu

n’est pas une image glamour

glisse comme une luge

flotte sur le déluge

reluque les greluches

est le cauchemar des politiques

au feu rouge détournant la conversation

sous les pneus crissants des truands

dans un parc même la nuit

le livre se trouve dans une poche

se tourne du bout des doigts

se pousse dans ta main

s’ouvre en creux dans ta bouche

élégant ovale de tes mots

se glisse dans ton sommeil

déflagre dans tes rêves

déclenche l’humeur dans ta pensée

défrise les crépus

divulgue les horaires

se rencontre en chemin

croise et décroise les affinités

s’oppose à la hiérarchie

avant l’heure

nu sous son imper

se mêle aux chansons

diffuse des films

cale le lit

en équilibre sur la tête

n’est pas une pipe

mais n’évite pas les migraines

orages et dents creuses

flottant le long de l’accalmie

gonflée de l’eau des typhons

 

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absent des villes

peuple les espaces verts

refleurie

certifié sans OGM

beugle

appelle la tempête

ou du moins le départ

et pas qu’en train

se situe aux intersections

déplié porte aux vents

ce sont des oiseaux

l’envergure de la pensée ailée

voyagent en concorde

laissent un vide

des deux mains serrant les fesses

 

21

pète et contrepet

allié

s’en va et s’en vient

tourne et retourne

comme les aiguilles

l’ombre du cadran solaire

les désaxés

jetés à même le papier

d’emballage

des traces de sang protègent du froid

écrivains dangereux

et philosophes hargneux

gibiers de potence

répertoire et agenda

sous le manteau

ce sont des satellites

acariens des galaxies

dunes de sable

dune de vent

dans la salle d’attente

fatigué d’attendre

et du silence

et du désarroi

et du doute

et de l’indifférence

si tout est différent

pulse

oubliettes

que les histoires oublient

love affairs

pourrissent entre les pages

arrachées

déchirées

délavées

abscondes

sans pub

abstinentes

déportées

 

l69b35908cff28d9e6165b8vu1

 

d’un mot en aligner dix mille

et pas uns

qui ne veuille rester en place

obéir

acquiéscer

rester parqué

chacun s’imaginant autre

récalcitrant

se prenant pour le tout

et ayant raison

à sa façon

ne renonçant jamais

au grand voyage

contenu en germe

dans le son

la pandémie

fornique

virus propagatoire

ou antidote

anti tout ce que l’on veut et pourtant favorable

à l’éclosion

à l’évidement

et au défilement

si l’on ne peut s’arrêter

ainsi furent conclues les mille nuits

et les nuits blanches sur l’oreiller

de Sei Shonagon

les courtisanes

et les réclusions

je pense au marquis

et au maquis

aux vidéos de Guantanamo

dans le journal

quand la messe est dite

et qu’il n’y a plus d’ostie

que sur l’immeuble sur la 10ème avenue

il pleut

et qu’un homme se penchant

lit

indifférent au traffic

de drogue

ou de la circulation

des idées

des marchandises et des hommes

des identités morts nés

Kaddish la liste des transactions

des destructions

des obstructions

une déflagration

le livre troué sous le manteau

gisant là

la gueule ouverte

et les mots pas morts

continuant

à dégueuler

la même histoire

répétée

jusqu’à conclusion

le dernier chapitre

cousu dans la doublure

que la police recherche

l’écrivain se cache

un microfilm dans un tube de dentifrice

est un livre

en planque

en devenir

manuscrit

le livre recense

encense

défalque

essuie

même si l’on veut

les défaites

de la matière

ou l’épopée

des journées d’un bureaucrate

inattentif

rebelle à sa façon

et déchirant les lignes de compte

glissant un poème

comme un alambic

disant merde à son chef

du moins l’écrivant

en marge des lignes de compte

additionnant

les heures

les minutes

qui le rapprochent de la sortie

de l’abattoir

un veau

rit

souris

d’ans un couloir copule

l’agent de police a le dos tourné

la bête à deux dos buggue

le livre est là

racontant une histoire sans fin

où tout fini autrement

ne fini pas

ne commence pas

disjoncte

établit la nomenclature des espèces en voie d’extinction

dont la mienne

j’ai mis une croix à l’endroit

ai corné la page

déchiré l’image

annoté et colorié

c’est un ticket de train

la porte s’ouvre

je saute

me mets en route

impatient

plein d’espoir

l’oeil qui brille

noir

attendant

les voyant braire

par la fenêtre du train

calant en pleine côte

sachant que

ils comme nous

se rencontrent en chemin

quand on s’y attend le moins

se livre en éclat du regard

et surgissent les écarts de ta plumes

plumes ou pliures

l’envergure se mue en être ailé

prendre ce qui ne se mesure pas

malgré ton ennui

les lettres les mots l’encre laissée sur l’entrevue

il ne te reste plus qu’à écrire

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