fidelité à l’éclair

Chaque poème a quelque chose de l’éclair. Je ne dirais pas que le poème est un éclair, mais qu’il y a en lui un éclair. Tel est le point de départ, il implique une exigence, mais il est très difficile d’être fidèle à un éclair, de faire en sorte que le poème s’organise, croisse comme un organisme autour de cet éclair, cette petite illumination initiale. Très difficile qu’ensuite ne vienne pas s’y ajouter tout ce qui relève du caprice, de la virtuosité de celui qui connaît le langage. Non : il faut que les choses naissent comme naît un organisme, comme elles naissent dans un organisme ; que chaque cellule en laisse passer une autre, que chaque mot, chaque silence soient à l’origine d’un autre mot, d’un autre silence, qu’ils engendrent ce cycle, cette unité qu’est aussi un poème.
©Roberto. Juarroz.

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2 réflexions sur « fidelité à l’éclair »

  1. (Je suis en accord avec le cheminement de vos pensées précédentes. J’ignorais cette pensée de Miro.)Le ricochet suivant la trajectoire…

    Cette notion d’un « éclair » m’a renvoyée vers deux textes concordants décrivant en donnant à éprouver la nature d’un chemin. « passer le gué »

    Charles JULIET, Une joie secrète

    là où tu ne sais rien
    ne veux rien
    n’as rien n’es rien
    pour être en mesure
    d’atteindre un jour cet extrême
    il t’a fallu au préalable
    basculer dans le gouffre
    puis te hisser vers la lumière
    sourd aux appels innombrables
    aveugle à ce qui d’ordinaire
    enchaîne l’oeil
    saisi par ce silence
    où s’effondre le temps
    tu laisses ta soif
    te pousser sur le seuil

    Luis MIZON, El sueno de la higuera en llamas

    Alli donde no hay nada.
    Solo una pluma de gallo negro.
    Solo una idea perdida.

    Alli donde no hay nada
    esta nuestro secreto.

    Erizo de luz blanca.
    Caricia lenta.

    Espina de la voz que no envejece.

    (Là où il n’y a rien./Rien qu’une plume de coq noir./Qu’une idée perdue.//Là où il n’y a rien/se tient notre secret.//Oursin de lumière blanche./Lente caresse.//Piquant de la voix qui ne vieillit pas.)
    Le songe du figuier en flammes

    Y discernerez vous comme moi une facette du prisme ?

    Marie-Christine,

  2. luis mizon , j’adore , lié aux Andes d’ailleurs j’y vois une grande résonance
    Juliet , oui mais pour moi « dramatique » et sensible aux abimes ,
    c’est tout autres chose que je vois dans les derniers textes qui esquissent un sentiment , je vais faire une note simple ou vous verrez les oeuvres qui me l’ont inspiré , y serez vous sensible , on verra
    amitié entre deux coches de temps dévolues à un bref repos , la pause midi !

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