peindre, et uniquement peindre ?

A peindre les mains illuminées  dans la matière , à se plonger dans l’expérience du faire et de  l’éclat mat de la couleur sans que rien ne le sous-tende, autre qu’un obscur pressentiment inconscient, sans qu’une tension séminale ne l’accompagne, la peinture semble être comme un gong que l’on frappe à l’entrée,

Est-ce l’entrée d’un corridor qui résonne dans le labyrinthe sombre de notre sensibilité, on tape alors à la porte de quelque chose qui nous s’ouvre, un indice de ce qui nous habite ou une palette des sens vers l’innommable et l’universel

cette peinture, qui tend dans sa masse à apporter matière à l’élucidation je ne pense pas qu’elle révèle mais plutôt qu’elle questionne . A peindre et uniquement peindre on pose une question à ce qui nous dépasse,  à l’éternité

Mais on peut aussi peindre sans uniquement peindre, le peintre accompagne alors ou s’ajoute d’une métaphysique du gestuel qui affine et tend son acte d’autre chose qui peut devenir chemin, porte le sens, sens de son geste, et ouvre , grincement des gonds de l’inconnu

Les deux attitude sont en général mêlées, le geste porte la matière questionnante de ‘être et du monde et est sous-tendue d’un chemin investi, d’une épaisseur concise qui détermine la lumière pendant que le geste lui de plus en plus aventureux se charge  d’une puissance évocatrice qui se suffise à lui même.

Intervention à Haute Voix

monk_500Grace à Béatrice Machet quelques unes de mes encres, dont celle-ci en couverture ont fait parti du N° d’intervention à haute-voix sur “l’île”

Hélas je n’ai pas reçu d’exemplaire et mes originaux sont restés la-bas , ça fait toujours plaisir, surtout que la qualité des reproduction est du niveau de la photocopieuse.

cantique de l’oiseau…

Texte et peinture de Marie-Christine TOUCHEMOULIN – LES OVOÏDES – Hors saison

Parce que là…
En cet instant où l’oiseau tremble…
« On »
Bat de l’aile !
« On »
Entend le bruissement d’un envol…
« On »
Écrit…
Une phrase personnelle tonitruante au sein de l’oiseau qui chante notre
ambiance…
« On »
Devient en l’âme du chantre qui s’improvise en l’esprit intégral qui nous
habite subitement pour émuler notre amour du Vivant…
« Le cantique de l’oiseau »
Oh !
Le psaume de la colombe niché au coeur de l’arbre qui ne cessera jamais de
nous abriter…
Qui ne parviendra plus jamais à taire son écho…
Pour nous forcer à parler du Vivant…

© Marie-Christine TOUCHEMOULIN

Vol piqué

traces de pas

On imagine les traces des pas, les éclatements que le soleil et la pluie ont  cloqués sur la peau des érosions, friable la densité s’est éclatée et des bouts de terre se sont décollés, de la roche que le vent aura fait s’envoler, perdure les stries, la trace du temps.

c’est une nuance abstraite , elle survole cette élégance, l’ellipse est la vie et égraine , la graine n’est ce pas, cette même chose érodée une fois que le vent s’en est chargé, il aurait des ailes que la poussière bleue saupoudre de rose, celle de l’aube alors que rien n’est clair, celle qui vibre au seuil du vivant indistinctement, imperceptiblement, sans attentions, celle-ci qui fait briller les recoins de peau, serait-ce  cette terre compacte, robe presque roche , presque os , ce mouvement qui prélude à la fragilité, je recueille les pigments broyés me racontent l’histoire d’un peau de pierre, d’une fleur évanouie et les herbes, fragile brindille, lavés dans un grand jus les couleurs que l’œil célèbre retrouvent une nouvelle essence.

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Il semble que ce soit une planète, un chemin à travers l’aride et cet état premier avant que la pluie ne vienne avec son lustre provoquer l’éboulement dans l’ordre qui permet le mouvement, elle égrainera le temps, boules noires qui s’entrechoquent remontant la cascade mathématique d’une succession incertaine formant l’un d’un collier mystique, la voix bourdonne cet inlassable en mue, est ce musique ou muse,  je retourne à ce chemin dans les sables, je ne l’ai jamais quitté, seule ma pensée s’est amusée à l’éparpillement mais au fond le pas mesuré ou pressé est toujours à se remémorer  les éboulis, paysages ou ors les jaune sont soumis aux rouges, les bruns et les gris minéraux assistent les accrochages des mousses, les failles les rupture du gel frissonnent dans la chaleur obsédante d’un jour, tandis que la lumière jaillit se soumet en cercle.

au début cette croute de terre usée l’œil en voit le chemin, le passage est chanté à travers les détours et retours, aggrigente, ce mot me vient de loin, veut il dire quelque chose, surement les bouches ont tenté d’en forcer le son pour en aboutir au sens,  il s’articule en mouvement de peau et s’échappe dans les vides, par les rides le temps va trop vite, plus tard on se contentera de la trace qui voudra dire, lieu et liens entre les mondes habités et la feuille cornée reporte la trace de l’antilope, anticipation tchiware, deux cornes la conte belle à quatre longues tiges sabotées qui courent , laissent des empreintes bipales dans l’herbe écrasée, l’œil s’en est sans doute emparé , le corps en a sans doute frémit, je vois ça dans le sable ou la poussière de l’ocre fut chemin, le durcissement minéral est vision d’espace poudreux, une vie ne se résume pas ainsi, à ce moment d’avant , à ce lointain retour en arrière comme une boule de quartz, ce rugueux de lave agglutiné, cette couleur pourpre fut celle de la vie des hommes, obstination des femmes sur la strate rocailleuse, terre qui file en étoile entre mes doigts méditatifs, mon esprit imagine et recrée cette frange d’humanité, filin rompu que la poudre m’octroie.

img_6033je regarde plus près , cette tête, est ce celle de Lucy, autant dire l’os de la femme, terre du mythe,  presque un caillou qui me relie à la roche, une main qui taille les lignes d’une vie cosmique sur les parois d’abri, compacte la pierre taillée trace l’appel sourd du vivant, ligne et émergence de la surface colorée sur la roche, la main étale ce mystère qu’est en soi l’envahissement de l’œil, je peint le reste d’une vie , je tiens la preuve de ces chairs et je retiens la poudre, j’émerveille les étincelles de la lumière, la craquelure et le grain et la couleur foulée, du bruit se détachent l’énergie motrice, la preuve d’un sol que les pieds ont voulus, foulés dans l’ahurissement du temps.

iode de vie

Un air fin avec son souffle doux ,perce l’huître pour l’entrouvrir au monde , goût d’ode de vie exquis sur les lèvres de la mer ,bordure du sable où s’étalent les algues brillantes du ciel.

© Soulef

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© L S 2008

les atomes entrechantent l’inaudible
l’huile se dépose sur  l’eau comme une peau
c’est ce que je ressens à la douceur au cœur

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© L S 2008

Le bleu particulaire interpelle le bleu
la lumière au sable étend le chant au couchant