loin de tout…

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Ou que j’ai pu trainer mes basques, le vent, même celui froid d’Islande ou les gales de l’atlantique nord m’ont apporté le galop d’une embrassade, il fouette les tiges et fait rire les ébouriffés des feuillages , une bourrasque bienvenue qui décoiffe,

les hommes sont des coiffeurs  et  l’histoire une mise en plis, ça taille sec  dès qu’ils ont  décidés de régenter,  ou les femmes d’ailleurs , pouah cette mauvaise soupe de bile autoritaire, de c’est comme ça qu’on va faire , de je te tord dans mon mixer à défigurer, dès que le soupçon d’une supériorité ou l’habitude d’être choyé, et donc de devoir avoir raison , l’actualité se résume à ça ,

et  là oui bien sur je me dis qu’on me foute la paix , là je prend mes boots et mon chapeau et vais siffloter dans les boues d’un chemin de campagne , je poli^phone avec les martins pêcheurs au  bord de la rivière , je mon chien et mon cheval on cueille  des fleurs qui me relient à la terre, je mon chien mon pied et mon cheval fredonnons la seule certitude et le seul combat ,  une chanson mi-triste et mi-gai , à mi-chemin les pieds dans l’eau je me remplis de tout ça brouhaha d’herbe de terre et de ciel , symphonie des nuages sous la baguette de maître-vent, bourrasque ou brise, là je pense à m’allier deux trois bûches de chêne ou de peuplier et à me faire un bon feu, cheminer et fumée , chaleur de dans l’hiver , se réchauffer,  mon chien mon pull et mon cheval ,  une femme?  les cris des enfants et la ripaille des amis, on se prend à rêver que ça en vaut la peine et sans doute on se dit que la tendre accolade et le rire peuvent ramener une sérénité le temps que ça dure,

oui, en attendant je me replis, le monde des hommes a toujours fait en sorte d’écharper la populace , l’autre le voisin et le bègue  , est ce pour cela que j’arpente la rivière , que je rêve d’iles ?

le carré de mon geste veut me guérir;  sans l’errance ni l’erreur , le mot est dans la chute, renoncement à la revanche, le mot appelle ce qui peut l’aider sans recourir à la colère, l’eau coure elle est rivière et le vent chante l’étendue, ce n’est qu’un frémissement , un début mais le temps est aboli,


le vent, le geste sans arrêt  à la densité d’une tendresse rugueuse, le pas me relie à ce qui compte vraiment et patiemment je construit une avenue de mots de pensées de rêve et de mélancolie , le pigment se mêle à l’eau et je me barricade dans cet étouffoir de couleur, mélodie murmurée, la suie dessine les contour d’une échappée de tweed , tissage subtil d’une survie

loin de tout …

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© l s 2008

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5 réflexions sur « loin de tout… »

  1. …et ainsi de jolies cannes à sucre viennent téter les couleurs de la rivière, s’enivrent d’un vent fou joyeux et laissent échapper des étincelles,des mots brûlants,les tiens .

  2. j’aurais bien des choses à dire…mais tant il est vrai que les mots sont/font du vent!…je m’en vais donc marcher dans les bois, dans la gadoue, dans le brouillard, là où le silence est encore une consolation…là où nos pensées se rencontreront peut-être…

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