C’est une tentative de paléopoème. L’intérêt pour les vieilles cultures et le terreau commun allié aux mythes, à la langue ancienne et sa survivance nous jette dans une zone d’ombre. Ce qui transparait dans la vitesse du vivant et se retranche dans les profondeurs, à commencer par la peau.
« Peau d’ekwos » est une plongée dans les veines du temps dont on ne perçoit que les traces et les griffures. La racine indo-européenne de cheval s’envole du fossile. Sur la terre qui a son age, il souffle et court, en nous vit l’effort du corps et ce souffle rageur et tendre dans le rythme du monde qui nous parvient de l’odeur. vient le temps et la trace du rêve, simple écoute du temps aborigène, celui de l’ours à l’orée et de la quête à la lisière car Paléofolia est comme l’errance dans la forêt et éfeuille le vivant dans les strates des gestes anciens des animaux, des parcours et des chasses. tandis que Trans/i et d’autres poèmes viennent creuser le limon du fleuve sur le devenir du temps qui est le pouls de la terre comme des points sur la peau.

Ce projet fait désormais l’objet d’une publication aux éditions l’Harmattan sous le titre Paleofolia coll. Poètes des cinq continents, L’Harmattan 2024
ISBN 978-2-336-47384-0
Peau d’Ekwos

-Peau
À la poursuite être vivant
(
par conséquent pas cadavre
)
pour autant la truite est dans le torrent
Grand vide dans les silences
Araignée
tes pattes attrapent le vide
l’eau débat
Sans clameur
une ligne effleure le monde et s’en va ….
Traces du rêve

Ourle
s’efface l’e muet
Sur l’allant de ce qui ne s’entend pas
des départs vers la haute terre
s’articule sans son perpétue sans nom
le vent
la pluie
On entend
sous les branches des voyages
l’inaudible
au rythme oublié de
l’air
pesé au noir….
Trans/i

La transamazonienne des coups de pelles
et des répressions virales
le rideau est tiré sur le rêve
au havre déjeté de la forêt des fleurs
des hommes jaguar
et des pierres précieuses
sur les visages
sous les hauteurs des gouffres
végétaux animaux
et l’esprit sauvage
la poussée intranquille
au balancement des cimes
ramené dans des coffres forts
pesé en boîtes numériques
à l’équation en suites binaires
Alors que ça souffle
que la richesse
dans le silence et la couleur
crie
et tue
Monde d’Urset

Mais l’ours
vit en paix
à la lisière
gronde
à la violence des agrégats de fer et de ciment
lave
ses yeux voilés au dépôt à ordure du lac
laisse
la pourriture et l’humus nourrir les pousses
Maskwa *
gloutonne le miel les baies et les noix
les jeunes arbres
le long du talus trempé
par la pluie
plongent dans l’argile
les arbres et les nuées
et même les jeunes pousses
La mort nourrit la vie bourgeonne
Le temps et l’autre

A la pointe des rythmes
l’ellipse des terres
l’or rare
ponctué des traits gravés
des points accumulés
le bois et les branches laissées nues
les phrases éprises de la surface sur la neige
les pas des loups gris volent les griffes des vies graphites
Le temps et l’autre ne peut arrêter le mouvement à se réinventer au lieu de se détruire