glissement Glissant


il faut l’acter
les mots font aussi œuvre de détournement, ils détours- nent

détourner pour rapprocher et mettre en corrélation ce qui jusqu’alors s’opposait ; avoir détourné pour mieux entrevoir ;

comment s’y retrouver ? cette alchimie des mots peut elle  se révéler carcan et enfermement ? c’est de l’intérieur que les mots brillent, l’élan suppose un bras propulseur et une conscience vibrante,

que ce surgissement réapparait sans prévenir comme de multiples coups de langues de ci de là de par les lieux, de par les temps, sans logique apparente quand la stabilité du monde et celle des hommes sont soumis à pression ;

créer un état stable de l’énergie semble inconcevable, hasards des orages solaires et accalmies mais non de façon continuelle, bien que les êtres soient constamment  dans un emmêlement et un désordre imprévisible,

vu du dixième étage et en vitesse accélérée, embrouillamini des histoires et des chocs même minimes  comme ce papillon multicolore au battement  sismique d’ici au Japon, mais qu’en est il de langue à langue, de bouche à lèvre, de main à bras ?

dans ce foisonnement, la relation, mot clé pour ouvrir la rencontre ou à l’inverse l’impossibilité de continuer plus avant ni comme avant,

apparait la nécessité de transgresser, réunir mettre en relation, quand à chaque seconde la possibilité de l’asservissement ou de la violence parait probable, ceci de part et d’autre et c’est ce qui est émouvant ;

quand les mondes se mirent en parallèle et,  avant de s’entretuer, inventent le besoin qu’ils ont de l’un e l’autre et posent des passerelles;

s’augmenter de l’impalpable de l’autre à autrui puisqu’il est à coté et fait partie du paysage là où avant il n’était pas , le monde en est transformé!

le regard et la pensée que l’on en a doit suivre,  petit à petit se défossiliser ;

La mondialité, l’Europe et ses réfugiés des grands chambardements du siècle, dada et surréalisme et la démesure américaine,  de l’étendue et l’effondrement par la modernité de pair avec les déplacements des continents, l’Afrique entaillée par l’océan est obligée d’improviser une teinte et d’inséminer l’Europe

je pense à Aimé Césaire, e.e Cummings et  Ghérasim Luca ; ces embardées du temps et de l’espace sans prévenir fusaient dans un cataclisme du langage,

Aujourd’hui  un même temps et une élasticité de l’espace qui de l’un à l’autre semble maintenir un chaos opaque, de l’un à l’autre une incompréhension et un voisinage immédiat,

rhizome plutôt que racine , la reconnaissance du divers comme multiple dans un même temps, questionnement ouvert du temps, Ségalen s’était déja extasié et Deleuze éveillé, c’est ce que pointe Glissant, les Antilles un laboratoire et la créolisation une réponse au pari de l’identité multiple,

le monde moderne est fractal

le langage, cette pointe vibrante de l’être humain relève le défi ; Frankétienne, Brathwaite et quelques autres lorsqu’ils se rencontre à la poupe de l’Amazone et du Mississippi ;

le pari de la langue instable en perpétuelle mutation pour répondre à ceux qui perlent en contact permanent

or s’en remettre à une dialectique formant vocabulaire me semble figer ce tremblement du monde,
Sommes nous arrivés à un point ou les sociétés se déterminent? un refroidissement des laves? , mais alors ?

stable dans l’instable, la nature ne s’arrête jamais, le présent cette illusion est pourtant tout ce qui compte, le roulis projette le surf, et pourquoi l’endiguer, serait ce que nous appelons un autre pouls du temps?

le surgissement obéit à des règles qui le font ressembler à une vague, similaire à une courbe ascendante puis descendante, ellipse dirait la pensée indienne; tournoiement  mais s’agit il bien de cela ?

ce à quoi œuvrent les poètes et les anonymes, sans nom cette incertitude de la crête, de l’étalement de la durée et  dissolution de l’espace fébrilité de l’incertain des rencontres qui opère cette impulsion que Glissant appelle déparler

pour témoigner, les formes que finissent par prendre les mots et notre parole, -est-ce la même chose? -nous entendre sans laisser de coté l’essentiel d’une expérience pour que puisse aboucher un échange,

constamment à déjouer les pièges que nous même  ouvrons sous nos pas, grignotons à l’intérieur de nos mots,

comme s’ils penchaient en arrière et qu’il nous fallait à chaque fois rééquilibrer pour qu’ils aient suffisamment de force et d’énergie, d’où vient elle et ou allons nous,

oser défier la crête de nos présents basculant et éclaboussant ce qui nous sert d’avenir ;

l’ invention instable, toujours en équilibre, rythme de la formulation, inaudible, jazz libre obéissant à un canevas inédit, de là la fugue,

lorsque l’on se trouve emporté par le vent “vers en l’arrière”.

* à lire le très intéressant blog de la revue d’ethnologie “TERRAIN” et son article : Miroir du colonialisme (http://blogterrain.hypotheses.org/1377)

© Anne Slacjik

man on the mooon

echo à l’article de chris-tian vidal

soy annartista soy annarquista cristiano hebreo moro fenicio y cantor barbaro atlantico verso brigante luso peregrino hacia el amor ….

( Antonio Placer, cancionista)

L S man on the moon 1 2007

donc le politique moi… même ile reste la pauvreté, l’humain qu’on attèle et la pauvreté la désespérée, la place que l’on nie à ceux qui , qui ? aux autres!  ceux qui sont pas moi, disent / pensent ils , une preuve éclatante encore de la frontière et la spiricrasse nonkenon  je n’ai jamais pu me guérir de cette rogne pugnace : qui me déterre hache de guerre,
cela me ramène à cette guerre ?sociale? et surtout ce nonregard dévisageant l’autre ,lui le tas de chair en carton qu’ondule qui devrait être le frère, le voisin , l’autre , que l’on croise en miroir , brisé comm’ dit glissant dans “quand les murs tombent” ed. galaade,
et oui moi je me sens proche , autant qu’en 1984 (S/Yshire) d’un john Berger , au regard pétri de réel autant que de rêve paillette de la rencontre, la le four du réel est la boulange (Placer again) du pain dont nous sommes fait , trop cuit ou à peine flammé , cramé et lavé par le vesuve  ; en tailleur au centre d’une pièce vide embaumé d’un senteur lavande chimique , seul , écarté du regard et d’une main qui tende…
man on the moon 1, 2 êtcétèrra, etxe Terra, essais te taire, et ce ter,
être cette terre, cette terre sera,   , dans le regard main d’un ombre qui fuit en courant le long du cri de Munch ; la nuit ; car c’est la nuit que les pieds voient…

L S man on the moon 2 2007

intempéries linguistiques

(quand les murs tombent, l’identité nationale hors la loi , édouard Glissant, Chamoiseau , éd. galaade/inst du tout-monde)

La où le coté mur de l’identité renferme, le coté relation ouvre tout autant …

…. c’était donc aussi une occasion de poésie, là où l’être-dans-le-monde grandit l’être en soi. La beauté est inséparable du mouvement des humanités, de leur quête infatigable …
l’ultime refus du contact et de l’échange viendrait du miroir que l’on brise pour ne plus se voir soi-même, ,,,
les murs qui se construisent aujourd’hui ne se dressent pas entre des civilisations, des cultures ou des identités, mais entre des pauvretés et des surabondance, des ivresses opulentes mais inquiètes et des asphyxies sèches …
dans la mondialité, nous n’appartenons pas en exclusivité à des patries et pas du tout à des territoires mais désormais à des “lieux” des intempéries linguistiques, des dieux libres, des terres natales que nous aurons décidés, des langues que nous aurons désirés, ces géographies tissées de matières et de visions que nous aurons forgées.

Le chatoiement de ces lieux ouvre à l’insurrection infinie des imaginaires libres : à cette mondialité.

(…)

L S 2007

notes pour un paysage

Ne te sers pas du réel pour justifier tes manques,
réalise plutôt tes rêves pour mériter ta réalité

“passionnément vivre un paysage. Le dégager de l’indistinct, le fouiller, l’allumer parmi nous. Savoir ce qu’en nous il signifie. porter à la terre ce clair savoir.”

(édouard Glissant, l’intention poétique, seuil)

© L S bosquet 2004

el poeta

el poeta bataille pour ne pas perdre l’équilibre, non dans la cohée du Lamentin mais dans la cohue de l’émeute des retours accroché à la paterre du métro

© L S el poeta 2005

non je n’ai pas dit de la meute ni de l’émeu , concentrez vous s’il vous plait au lieu de me faire répéter stupidement le bec en l’air ; mais ou cela va t’il finir !