l’et fée mer
mars 13, 2010
Thierry a raison,tout est éphémère il faudrait y arriver un peu comme Macedonio Fernandez qui écrivait Buenos Aires dans les chambres d’hôtels et y laissait tout le fatras des papiers qu’il avait écrit, raturé, rêvé, plein de chef d »œuvres, il les laissait sur place, alors c’était le jeu de piste et Borgès et ses amis le suivaient à la trace pour récupérer les manuscrits , des pleines valises,
on devrait lire Macedonio , un fou lucide, un artiste ! un barbu marcheur qui rêvait les feuilles sur le trottoir,qui quand il écrivait, pour rien, clarifier sa pensée, pour écrire s’isolait et semblait évacuer l’idée du regard de l’autre paralysant ou limitant, parce qu’alors on sait que l’on attend quelque chose de lui, que ce sera discuté, jugé, glosé,
mais on peut aussi écrire ou peindre pour l’amour et :là sans doute qu’il faut que ce soit le plus beau possible, parce que l’on écrit pour se rejoindre, je dis écrit mais ça peut être aussi peindre ou vivre, là ce n’est pas nécessairement faire plaisir à l’autre, aux autres, à la la littérature, à l’art, mais rejoindre l’idée que l’on se fait de son élan,
ce n’est pas que l’on veuille que ça reste, il suffit de l’avoir fait, mais on n’aime pas se voir cheaté par les éléments,
voir les pigments s’envoler et même si c’est beau un vent pigmenté, on se sent un peu frustré,même pas le temps de plonger le regard dedans, de voir vivre,
Rose à raison, un livre ou une peinture vivante, on le voudrait mais on cherche comment on fait, on laisse tout aller je crois, on dépasse tout ce que l’on peut concevoir, formaliser et on laisse aller comme une balançoire, comme une plante qui pousse, n’importe où, elle pousse, comme une rose
les peintures sont vivantes elles se doivent d’être imparfaite parce qu’elle ne peuvent pas se permettre d’en rester là, il y faut des vides ou des surcharges, des ratures, des écrits par dessus et des messages codés, des appels de la couleur au minéral, un peu comme ce grand livre jamais écrit mais repris en chœur à chaque fois en le réinventant, avec de nouvelles voix qui respectent la musique , c’est de musique que je parle là, le chant, le livre c’est le chant aussi mais c’est une peinture aussi, c’est de l’oral, l’oral qui s’entortille depuis les fin-fonds du temps autours de la bouche, la même branche qui refleuri qui pollénise l’éphémère, c’est cela aussi pouvoir rentrer dans le canevas à chaque fois sans se tromper, broder son art dans le respect mais avec toujours cette inventivité qui rend le monde différent, à chaque fois comme un éveil, des retrouvailles, ça c’est Simha Amron pour les polyphonie Aka qui en parle, la trame n’a aucun intérêt pour les pygmées, l’ethnologue peut leur faire dire qu’il y a tant de phases et décortiquer, ramener la musique à l’équation, ça c’est pour le livre, mais eux c’est la merveille qu’ils chantent tous les jours, c’est cette joie qui importe, qui en fait la beauté.
C’est pour ça que je vais vers le fragmentaire, c’est pour ça que la science du peintre n’aide pas, Malaurie parle de sagesse, la science n’apporte aucune sagesse, elle ajoute mais elle ne respecte rien , elle ne chante pas,
mais je reviens à mes peintures
de toute façon elles pioncent dans des cartons alors ….
je vais fonder un groupe pour la cessation de l’hibernation des peintures,
j’avais un copain peintre qui disait qu’il faisait prendre l’air à ses peintures quand il exposait,
l’éphémère,
il faut voir le magnifique film d’Andy Goldsworthy « rivers and tides » , là, le temps, l’œuvre de l’homme et de la nature est délivrée au temps, comme un bloc de glace qui fond,comme la marée qui recouvre les pierres entassées avec application ou ce filet de poudre d’ocre ou ce collier de feuilles qui prend toute sa dimension dans le courant de l’eau mais qui s’y dissipe,
et puis le travail et les jours,l’homme qui chaque jour retourne voir sa belle amie, la nature, pour lui faire, se faire une surprise, prise sur le vivant et le temps, prouver que la vie anime.
C’est comme ça , c’est beau ,
c’est aussi pour ça que l’écriture doit être la plus volatile possible, fragmentaire,
pour être comme le temps , pour chevaucher le vent ,
à ce sujet mes amis avez vous lu les carnets d’Afrique de Miquel Barcelo, il faut, c’est un peu le journal de cette errance créative, poèmes, vie crue, effort pour parvenir à ce rien, si plein d’une vie d’effort,
il a une distance rigolarde avec ce qu’il fait , il est dans le monde et il peint
et croire
mars 12, 2010
merci de cette mobilisation=> http://lapetition.be/en-ligne/petition-6311.html
Mais , à mon sens ce ne veut rien dire, ce qu’il faut c’est réellement prêter une oreille attentive à ce qu’ils disent, écrivent (joy harjo mais d’autres, d’autres, chantent…) à ce qui est vivant et renait, vit en dehors de nos tracks, que l’on n’aperçoit qu’avec peine tellement nous n’apercevons que ce qui se coule dans nos tracées, j’ai toujours pensé ça et j’essaye d’être attentif, de me nourrir pour devenir plus fort dans ma maturité, plus fort de ce que les autres glissent dans ma main, parfois la leur, la lueur, le temps d’un silence, prenez ça au sens propre, ils me glissent cet autre temps qui vient du silence mais un silence bourré de bruit, méditatif mais qui bruisse, des herbes des bleus des étoiles, des bruits de pas qui frappent, le respect m’habite, ma main est ouverte je suis un chef de guerre qui a déclaré la paix, avec obstination, Gandhi m’a montré la paume, je l’ai baisé moi l’homme en colère, peuple millénaire qui coule dans mon grand fleuve et ma langue de feu, j’ai refermé la paume de la guerre, et je me suis assis pour mieux comprendre,
Truddel disait cela, que de toute façon c’était peut être le sens de l’évolution, qu’il fallait chevaucher autrement, prendre le monde à bras le corps et être d’autant plus soi, une guerre qui n’en porte pas le nom silencieuse mais déterminée, Joy dit de même son canoe la porte de la défunte Mississippi aux rives d’Hawaï, à la Finlande et aux frontières de l’ouest, plus forte dans son universalité, et luzmila, Violetta chantent les vieux airs gravés dans une langue minérale dans une voix végétale dans un œil stellaire, les fondements du rythme nous atteignent, d’Itxassu à l’ile, la grande Ile et l’archipel, le bloc de glace répond à la joie polyphonique de la forêt, de la trace du désert mauve, les sangs se mêlent les voix s’accouplent, le tout-monde me fonde,
je suis assis et j’écoute la rumeur, je tente de faire taire la colère , je fais bifurquer les autoroutes des gaz, je regarde l’arbre et je tente de me souvenir, de ce tronc, des feuillages et je me vois feuille, j’écoute les pas et je me fiche des mots, je n’écoute plus que ce que je peux percevoir, d’essentiel, je me barre à ce qui s’oppose à l’autre, dans ma paume le présent comme une lueur qui brule mais réchauffe ma lueur,
j’ai vécu longtemps dans le drame, bien sur la colère, je voudrai rejaillir comme un arbre abattu, par la partie qui est resté intacte, soi, avec les autres, communier ce qui est essentiel,
finalement aimer, pas si simple et si simple,
petit à petit mes forces reviennent détourné de l’impossible et je m’interroge, je tends l’oreille pour les entendre et je leur souffle que moi aussi , qu’il y a le grand fleuve, fleuve bouche de l’estuaire l’homme qu’irrigue la femme, que pleure le petit enfant, et je vois que la terre est sèche, ridée et mourante, euh le savent et s’en remettent à la voix, en chœur serrent les poignes qui brandirent, je fais de même dans mon isolement, mon œil ours redessine les contours du volcan dit les couleurs fondamentales et refuse d’être entendu pour autre chose que mon chant et je toise à corps, je m’enfonce dans cette forêt et j’essaye de me lever, j’essaye d’être un homme surgit du rêve de l’ours, disparu, dans l’ombre m’étend,
je me souviens de l’homme que je fus, de mes lignées de morts et je recrois à mes vies
si seulement je pouvais me relever.
« Je t’ai rêvée voyageant dans le poisson bleu »
février 19, 2010
le pli de l’air
décembre 20, 2009
Issu d’une résidence au brésil ce livre libre me semble regarder de son oeil plissé l’irrationnel se glisser entre les ombres et les lumières du vivant, sans poétiser, presque en récusant la forme poétique pour mieux l’installer au coeur, de ? qu’est ce que cette écriture ? une vue, un rendu compte, un marmonement, le surgissement de l’invisible dans la conscience et l’émergence du réel, solide, brut et dérangeant presque par son vulgus, bruit, donc , ou les conversations des inverses, bruits inaudibles du réel car il y a sans doute plus à entendre de ce qui est dit dans le réel bruyant mais finalement dense comme une pierre, et ce silence si bruyant, mais le mot ne convient pas, musical, infiniment musical et plongeon dans les polyphonies secretes de la foret, des être à la tension des ondes que l’on nomme magie et de l’intériorité,
le pli de l’air,
serait-ce ce point ou tout se fausse et ou tout apparait dans les prolongement et les retranchements du réel , car nous sommes au dela du visible et de l’invisible, audible, criant muet, improbable frontière qui n’est qu’un pli, je ne sais pas bien , mais le livre qui se déroule ou s’offre un peu comme un pli, pli comme un glissement de terrain ou courbe multiple de la réalité, tout cela dans la plus grande simplicité apparente,
ce n’est pas si simple de voir mais est ce voir, le réel dans la chaleur de la multiplicité, ou rien ne semble fixe
métamorphose uniquement à l’oeil mais est ce l’oeil, qui fixe alors que tout coule entre envers et endroit, vilain mot, pourquoi droit, tout me semble mouvement, il faudrait préciser mais le peut on à vouloir laisser libre, autre mot pour insaisissable, le vrai est ce dans cette attente inlassable?
est-ce bien le texte ou est ce moi qui prolonge, m’empare de cette évocation, à tout prendre et rejoins mes rives …
un livre ou l’on revient, revient, comme vers un lieu où l’on attend
où la vie et les vivants manifestent
note , » Le pli de l’air » d’Erwann Rougé
lecture d’antoine Emaz (http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/07/le-pli-de-lair-derwann-roug%C3%A9-lecture-dantoine-emaz.html) à lire pour une autre approche
page de présentation d’Erwann Rougé , poète essentiel à mes yeux : http://www.artpointfrance.org/Diffusion/rouge.htm
I’m in love with a potter
décembre 3, 2009
© Jody(1) and Polly-Rose (2-3) Folwell
If beauty is in the eye of the beholder, then it is the individual viewer who define what is a masterwork… for some beauty is b dissonance. For some ased on harmony. For others dissonance. For some it is a sense of endurance or a sense of that which is beyond us… Perhaps one does not fully grasp or recognize the reason, but feels a spitual connection , an arc of recognition that may come from a subconscious agreement of colours, image, shape. Perhaps it is with a slight sigh of inner happiness, a silent gasp, an inner electrical flow and the final rush of contentment, but we know.
© Jody Folwell, Susan Folwell, Polly Rose Folwell and Diza Sauers in « Hold everything masterworks of basketry and pottery from the Heard Museum »
[Si la beauté réside dans l'oeil de celui qui regarde, alors celui qui voit définit le chef d'oeuvre...Pour certains la beauté est basée sur l'harmonie, pour d'autres sur la dissonance. Pour certains un sens de la durée ou de ce qui nous dépasse... il est possible que l'on n'en saisisse pas entièrement les raisons, que l'on n'en ait pas conscience mais que l'on ressente un lien spirituel, comme un arc de reconnaissance qui peut être vient d'un accord inconscient de couleur, d'image, de forme. peut être juste un saisissement de bonheur intérieur, une inspiration silencieuse, un courant électrique intérieur et finalement cet élancement de contentement, mais on sait .]
le temps
novembre 30, 2009
changer d’esprit, avancer : le futur est tout grand ouvert ! (Bijou Letord)
le futur ouvert, s’il faut dire
si le passé est grand fermé
à moins de flotter dans le présent
bénéfique
et ouvrir une autre ère du temps
, une autre dimenssion du temps
, sans reference
passé-futur-présent
ni ouvert
ni fermé
tourbillonnant dans l’immobilité
le temps est fou
si nous voulons le chevaucher
eau des racines
novembre 26, 2009
et si mon nom n’est pas basque ; c’est qu’on m’en a donné un autre, je suis fait de méandre que comme la rivière la vie creuse dans la roche, l’impalpable du réel, surprenant comme cette eau qui gronde retenue par les morts dans les recoins profonds de la masse de roche qui grouille sous nos pieds, que nous appellons l…a terre, multiforme je le suis et en même temps un en esprit même s’il cherche à se rejoindre constament être rassemblé dans ce lieu du monde et du corps d’ou il peut voir et être, l’instant projette ses propres méandres et redéfinie l’identité , mouvante et multiple,
l’esprit rode et règne, tout doit lui revenir quelque soient les fentes ou il se glisse, lui qui s’accroche, lit grognard de l’harmonie
l’histoire
novembre 11, 2009
mais Set y voyait des éléments de l’histoire dans leur pureté et il lui fallait être fidèle à l’histoire, coûte que coûte. S’il échouait en cela, il se perdait pour toujours. Il lui fallait être fidèle à l’histoire , Il lui fallait être fidèle à l’histoire.Il lui fallait être fidèle à l’histoire. Il y a une histoire, une seule, se disait Grey, et nous la racontons à l’infini parce qu’il le faut ; c’est la définition même de notre être.
© N.Scott Momaday, l’enfant des temps oubliés
Pure/Pour/A Priori
novembre 7, 2009
A Kane sampler (Anchorage daily news)
This poem won the college poetry division in the 2000 University of Alaska/Anchorage Daily News Creative Writing Contest:
Kane’s poetry is inspired, in part, by what she calls her « ancestral landscapes » on the Seward Peninsula and King Island.
She’d also like to take her children and her mother to King Island, an expensive and difficult proposition.
The remote settlement in the Bering Sea was abandoned under pressure from the government in the 1950s. Memories of the deserted village contribute to overtones of loss and change that haunt Kane’s poems. King Islanders retain a strong sense of identity with the place, though members of the younger generation — including Kane herself — have never been there.
Kane hopes to visit small communities in the future, to talk about writing and « bring books to others. »
« As a writer, you have to be concerned when you see all of these towns without bookstores, » she said.
Pure/Pour/A Priori
full moon’s rays spill
a skeleton path on water
tell me the spell
you held me under
simpler to undo
than the first split steps
I took towards you.
Wrath and swell
of the silt-black sea
heavy and mute
with the weight
of so much ice melting
returns agency
to me, and ease.
Eyes travel,
trace along the shape
of pure coincidence;
sere white falls hued
through night air,
valuable, and silvers
on the waves.
Shafts of light
unravel, reeling
towards shore: shine
relearns its shadow image
and I relearn more.
I can scarcely scrape
and scratch my eyes
across the moon’s rough
surface. To conjure
this drag and chase down
the fixed spines of time
and the firm arrival
at some great vein
of truth appears
difficult. My own
divinations, though, draw
me down the coast
and raise my eyes high
despite the bone-bright
glance of the naked
skeleton path on the water.
©— By Joan Kane
Dans la dignité du silence
octobre 28, 2009
Derrière le ciel
Un visage insoucieux.
Le printemps
Sous la neige
Meurt
Dans la dignité du silence












