Titien, la nymphe et le Berger
août 15, 2009
Le désir, Son désir exigeait je crois, de Titien sinon qu’il dépèce les apparences, au moins qu’il pénètre et se fonde dans la peau des choses. Or parce qu’ humain et parce que peintre, il a buté contre l’impossibilité d’accomplir un tel acte : la nature profonde, l’animal en l’homme, les poils du monde sont inatteignables, et surtout : irrépétables, irreproductibles. (…)
Les femmes que l’on retrouve dans tant de ses tableaux – ou plutot la femme, cette femme, toujours la même simple et intouchable - rappelle inlassablement son aveu d’impuissance et sa défaite artistique – à lui, le maître. Est-ce l’inquiétude dont tu parlais dans ta lettre que ces femmes incarnent ? Lorsqu’elles sont nues, la couleur de leur chair est de celle dans lesquelles on se noie. Jamais corps peints n’ont tant demandés à être touchés, empoignés – comme Marie Madeleine- s’empoigne à travers sa chevelure. Et pourtant comme tous les corps peints du monde, ceux du Titien ne permettent pas qu’on les palpe, qu’on s’y plonge…
Et puis peut être peu à peu, Titien a compris que dans l’impuissance de sa peinture se cachait la possibilité d’un miracle. Grace aux poils de son pinceau – et à défaut de rendre la texture du pelage du monde –il pouvait subvertir la nature. Incapable de la reproduire, il pouvait toujours la transfigurer. Au lieu de servir les apparences, de lécher leur botte, il pouvait agir sur elle exercer sur elles son privilège. Faire surgir des bras inexistants. Plier des membres contre leur logique. Brouiller les objets jusqu’a les rendre méconnaissables. Faire trembler les contours, jusqu’à ce qu’ils représentent la matière sans contours. Gommer la différence entre les corps vivants et les cadavres. ….
La vérité c’est que la peinture du Titien est elle même intouchable, inviolable, elle appelle puis interdit. Nous cloue le bec. Peut être est ce la vengeance du peintre contre l’insupportable résistance des choses à se laisser posséder
© John Berger et Katia Berger Andreadakis (Titien, la nymphe et le berger, Fage)
échos
juin 23, 2009

ART HORIZON de SEAN SCULLY (http://aloredelam.com/2008/04/19/sean-scully-ce-que-le-regard-cache/)
un exemple de l’art de DONEDA

Frans Krajcberg : manifeste du Rio Negro
juin 6, 2009
« Meus trabalhos são meu manifesto. O fogo é a morte, o abismo. Ele me acompanha desde sempre. A destruição tem formas. Eu procuro imagens para meu grito de revolta. »
Frans Krajcberg

(à lire sur le site : http://www.krajcberg.vertical.frMANIFESTE DU RIO NEGRO
DU NATURALISME INTEGRAL
L’Amazone constitue aujourd’hui sur notre planète l’ultime réservoir refuge de la nature intégrale.
Quel type d’art, quel système de langage peut susciter une telle ambiance exceptionnelle à tous points de vue, exorbitante par rapport au sens commun ? Un naturalisme de type essentialiste et fondamental, qui s’oppose au réalisme et à la continuité de la tradition réaliste, de l’esprit réaliste au delà de la succession de ses styles et de ses formes. L’esprit du réalisme dans toute l’histoire de l’art n’est pas l’esprit du pur constat, le témoignage de la disponibilité affective. L’esprit du réalisme est la métaphore, le réalisme est la métaphore du pouvoir, pouvoir religieux, pouvoir d’argent à l’époque de la Renaissance, pouvoir politique par la suite, réalisme bourgeois, réalisme socialiste, pouvoir de la société de consommation avec le pop-art.
Le naturalisme n’est pas métaphorique. Il ne traduit aucune volonté de puissance mais bien un autre état de la sensibilité, une ouverture majeure de la conscience. La tendance à l’objectivité du constat traduit une discipline de la perception, une pleine disponibilité au message direct et spontané des données immédiates de la conscience. Du journalisme, mais transféré dans le domaine de la sensibilité pure, l’information sensible sur la nature. Pratiquer cette disponibilité par rapport au donné naturel, c’est admettre la modestie de la perception humaine et ses propres limites, par rapport à un tout qui est une fin en soi. Cette discipline dans la conscience de ses propres limites est la qualité première du bon reporter : c’est ainsi qu’il peut transmettre ce qu’il voit en dénaturant le moins possible les faits.
Le naturalisme ainsi conçu implique non seulement la plus grande discipline de la perception, mais aussi la plus grande ouverture humaine. En fin de compte la nature est, et elle nous dépasse dans la perception de sa propre durée. Mais dans l’espace-temps de la vie d’un homme la nature est la mesure de sa conscience et de sa sensibilité.
Le naturalisme intégral est allergique à toute sorte de pouvoir ou de métaphore du pouvoir. Le seul pouvoir qu’il reconnaît n’est pas celui, purificateur et cathartique de l’imagination au service de la sensibilité.
Ce naturalisme est d’ordre individuel, l’option naturaliste opposée à l’option réaliste est le fruit d’un choix qui engage la totalité de la conscience individuelle. Cette option n’est pas seulement critique, elle ne se limite pas à exprimer la crainte de l’homme devant le danger que fait courir à la nature l’excès de civilisation industrielle à la conscience planétaire. Nous vivons à une époque de double bilan. A la fin du siècle s’ajoute la fin du millénaire, avec tous les transferts de tabous et de paranoïa collective que cette récurrence temporelle implique, à commencer par le transfert de la peur de l’an 1000 sur la peur de l’an 2000, l’atome à la place de la peste.
Nous vivons ainsi une époque de bilan. Bilan de notre passé ouvert sur notre futur. Notre premier Millénaire doit annoncer le Second. Notre civilisation judéo-chrétienne doit préparer sa Seconde Renaissance. Le retour à l’idéalisme en plein XXe siècle super-matérialiste, le regain d’intérêt pour l’histoire des religions et la tradition de l’occultisme, la recherche de plus en plus pressante de nouvelles iconographies symbolistes, tous ces symptômes sont la conséquence d’un processus de dématérialisation de l’objet initié en 1966 et qui est le phénomène majeur de l’histoire de l’art contemporain en Occident.
Après des siècles de » tyrannie de l’objet » et sa culminance dans l’apothéose de l’aventure de l’objet comme langage synthétique de la société de consommation, l’art doute de sa justification matérielle. Il se dématérialise. Il se conceptualise. Les démarches conceptuelles de l’art contemporain n’ont de sens que si elles sont examinées à travers cette optique autocritique. L’art s’est lui même mis en position critique. Il s’interroge sur son immanence, sa nécessité, sa fonction.
Le naturalisme intégral est une réponse. Et justement par sa vertu d’intégrisme, c’est-à-dire de généralisation et d’extrémisme de la structure de la perception, soit de planétarisation de la conscience, il se présente aujourd’hui comme une option ouverte, un fil directeur dans le chaos de l’art actuel. Autocritique, dématérialisation, tentation idéaliste, parcours souterrains symbolistes et occultistes : cette apparente confusion s’ordonnera peut-être un jour à partir de la notion de naturalisme, expression de la conscience planétaire.
Cette restructuration perceptive correspond à une véritable mutation et la dématérialisation de l’objet d’art, son interprétation idéaliste, le retour au sens caché des choses et à leur symbologie, constituent un ensemble de phénomènes qui s’inscrivent comme un préambule opérationnel à notre Seconde Renaissance, l’étape nécessaire à la mutation anthropologique finale.
Nous vivons aujourd’hui deux sens de la nature. Celui ancestral du donné planétaire. Celui moderne de l’acquis industriel urbain. On peut opter pour l’un ou pour l’autre, nier l’un au profit de l’autre, l’important C’est que ces deux sens de la nature soient vécus et assumés dans l’intégrité de leur structure ontologique, dans la perspective d’une universalisation de la conscience perceptive. Le Moi embrassant le Monde et ne faisant qu’un avec lui, dans l’accord et l’harmonie de l’émotion assumée comme l’ultime réalité du langage humain.
Le naturalisme comme discipline de la pensée et de la conscience perceptive est un programme ambitieux et exigeant, qui dépasse de loin les perspectives écologiques actuellement balbutiantes. Il s’agit de lutter beaucoup plus contre la pollution subjective que contre la pollution objective, la pollution des sens et du cerveau, beaucoup plus que celle de l’air ou de l’eau.
Un contexte aussi exceptionnel que l’Amazone suscite l’idée d’un retour à la nature originelle. La nature originelle doit être exaltée comme une hygiène de la perception et un oxygène mental : un naturalisme intégral, gigantesque catalyseur et accélérateur de nos facultés de sentir, de penser et d’agir.
Pierre Restany, Haut Rio Negro, jeudi 3 août 1978
En présence de Sepp Baendereck et de Frans Krajcberg
que barbaridad , Mikel Laboa s’est envolé, etceterra …
décembre 2, 2008
reçu de syntorama
hommage à Mikel laboa
ce texte qui fait allusion à la chanson chanté par Mikel Laboa (album xoriek),orduan de Bernardo Atxaga, j’y vois ma disparue, et les mystères de la vie qui se renouvelle dans un hymen avec les êtres…
en français :
A cette époque là je me promenais au bord d’une rivière qui tous les soirs s’habillait d’or,
en pensant que tu étais morte avant ma naissance ou que la terre te ferait naitre l’été même de ma mort comme le gui de pommier nourri de jus d’orange je cherchais sur tous les trottoirs ta robe rouge et bleue,
plus tard nous discutâmes sur la valeur des déchets des poubelles, à propos des avantages des longs voyages ;
et cet automne là tu devins la femme aux multiples nom, Cassiope et Pollux ou Isis et Pandore, et ta chevelure n’était autre que celle de Bérénice (élémentaire mon cher Watson)
un lundi ou un mardi soir, alors que je pensais à toi je t’écrivis que dans mon sexe se trouve (quelle horreur) Bagdad, que dans mon cerveau croissent les forêts du Canada ;
mais la forêt la plus luxuriante c’est encore toi
Maintenant je suis ton amant maladroit,
je t’aime, ecetera, aux portes de l’hivers, etcetera, etcetera ….
© Bernardo Atxaga et Mikel Laboa
1 de Diciembre de 2008 QUÉ BARBARIDAD, BAGDAD!Se va volando Mikel Laboa, entre pájaros y sueños, colores y palabras sin diccionario. Palabras del arte más vivo, más contemporáneo y adelantado a su tiempo que haya conocido jamás la cultura vasca.
Tenía sin embargo Mikel un alma adulta de niño que no partirá.
Así seguiremos recordando tantos cuentos, tantas anécdotas que él ha ido guardando y contando, con su particularísimo sentido del humor. Como cuando en Barcelona, en uno de sus primeros conciertos, le dijeron: En seguida llega el catering. Y él esperaba a Catherine Deneuve!Muchos años antes del arte multidisciplinar deL que tanto nos gusta alardear, fue fundador de grupos tan comprometidos, innovadores, e influyentes como Ez Dok Amairu, creaba con total naturalidad junto a poetas, compositores, escultores, pintores y escritores. Siempre rodeado de toda clase de gentes tan sensibles a la búsqueda poética. Elemental, Mister Watson. Búsqueda que se metaforiza en pequeñas palabras, sonidos, cuentos, colores, detalles, niños.
Debería dar que pensar que esa envidiable sencillez, humildad y sentido del humor que le caracterizaba haya calado tan hondo. Qué barbaridad, Bagdad!
Nosotros, desde Syntorama, queremos darle las gracias. Por el arte, por la sencillez, por la alegría, por las palabras, por las canciones. Etcétera, etcétera
| QU� BARBARIDAD, BAGDAD! | ||||
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(2008.eko Abenduak 1) QU� BARBARIDAD, BAGDAD!Hegan doa Mikel Laboa, txori, amets, kolore eta hiztegirik gabeko hitzen artean. Euskal Kulturak eman duen ahotsik pertsonalena, izan daitekeen bihotzik sentikorrena, bere garaiari beti aurrea hartzen jakin izan zuen kantaria.Bazuen ordea Mikelek haur sen moduko bat heldua, gu guzion baitan habi egin eta bertan geratu dena. Horrela oroituko ditugu bere ipuin eta kontuak, bere bizitza jorian bildu eta umore bereziarekin azaltzen zekizkien pasadizo haiek. Bartzelonan, bere estreineko kontzertuetako batean �kateri�a berehala zetorrela� esan zioteneko hura bezela, Mikelek kontatzen zigun: Ni hor gelditu nintzen, Ze Katerin etorriko, Catherine Deneuve izan zedin desiatzen. Zer pentsatua ematen du Mikelen apaltasun, xalotasun eta umoreak nolako arrastoa utzi duen gurean. Qu� barbaridad, Bagdad! Guk, Syntoramatik, eskerrak eman nahi dizkiogu. Bere arteagatik, apaltasunagatik, alaitasunagatik, hitzengatik, abestiengatik etcetera etcetera.
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gorée ile baobab (T.Boni)
septembre 27, 2008
je reprend ce vieux texte , et le retravaille …
aux rives des choses de longues tringles filandreuses entortillées de grille, des perches ajourées de fers pointés cloutés, marchent et se mêlent aux vivants ceux-là occupés à transvaser l’eau dans les bassines en toc, la grande invasion plastique et nylon en nuée blanche chipe et recouvre les jambes, ils marchent le long des rues poudre ocrée de cette île embarcadère d’où le sanglot ne revient des meurtrières de l’exil que déposés par le vent le hasard le ressac riverain, voisinage triste la pauvreté est s’acclimate, les sacs renvoient les fumées à la fureur solaire.
La mer apporte autre chose, des bouts de bois blanchis , tortueux et tordus , les membres des par dessus bord qui reviennent en fantôme , des piles entortillées qui dératent des cargos de rouille bleue sale, des fers tordus ou tôles rongées rouge-morsures qui éventrent, des gouvernails décolorés ,des écailles de bois peint , des creux des gonds des visses, des galets et des filets dans les dérives de mazout et d’huile à flot , des et des et des , et la grève qui agrippe au ressac sans trime ni saison
la roche retient par les entailles des bouts de laine, des tissus de trous, des fils tissés, des goudrons, des coques de noix, des toiles et des cordettes et se mêle le rouge du vert au jaune l’or à chair entrecoupée, dépouille de lien et entrave, cuir qui brave l’air des pendouilles breloques de coques striées les calebasses nouées à hauteur des reins
entrailles de barbelés rayés de rouille piqués de cheveux rêches au creux aride du rond en surplomb les corps de branche abandonnés par la plage rongés d’eau et boursoufflés d’écorce laissés la peau blanche calcinée par le feu
le temps l’égarement battu contre les pierres trainent au rivage.
un beau tronc équarri à coup de hache deux bras de jambe torse rythmé de coups à corps sanglé et un clou de rouille fiché en plein cou
sanglote cette proue le rouge écoulé aux deux percées saignent les cordages le long du bois de rail
entortillé des bouts de cordes les longues cornes commentent une mémoire tchiware tendu en arc de cercle d’antilope
D’avant ,d’avant que le regard ne perce la barrière indigo face au bleu et dos à l’ocre d’où les vagues à l’envers versent les restes que l’ile en phare permet .
Le dos à la terre la mère, le corps noué sous une toile attachée aux pierres d’une bâtisse grise, vestige et maintenant refuge l’homme et le fort regarde la barrière d’eau , la voile bleu , la toile qui bouge au vent ou halo de lumière en flot, les yeux voient au loin , quoi , le dos au rivage mère les yeux arpente ce désert des vies qui pourtant rejette ces disloqués, ces voisinages d’aventures , ces embruns d’ailleurs,
le ressac ramène , il arrive , la rive avare, jeu de dupe où l’homme trouve ce que l’autre perd c’est la force du vent, le transbordage des vagues, jette ce qui dérive du loin des autres rives mères, couramment transportés et rejeté par la houle caprice et reine donne aux rocs , aux sables et aux buissons d’épines qui gardent.
note : Une exposition lui est consacré à Apt à la fonation Blachère jusqu’au 12 octobre , merci JEANNE ;
EXPO DIME A LA FONDATION BLACHERE
© fondation Blachère
les salles closes ne lui conviennent pas ; c’est pourquoi j ‘ai mis la photo du fort de gorée , son atelier face à l’Atlantique , l’ouverture avec tout ce que cela suppose , une vue de tous les possible , concentré dans cette ile , qui est ce concentré de possible à l’horizon, au large des possibilités , un peu comme le corps humain , c’est si beau , merci encore
lam
© photos ext. « Mustapha Dimé » , hotel de ville de Paris
and their eyes were watchin’ god
juin 29, 2008
nuages, fleurs du ciel clair
juin 8, 2008
Cathy Jordan: Vocals, Bodhran and Bones

Cathy is a native of Scramogue, Country Roscommon now living in Sligo. Her love for traditional singing was instilled at an early age especially by her father. Cathy began singing publicly at all kind of Feiseanna and concerts as a child. In later years she took to performing a wide range of material as a solo performer in the midlands. In the summer of 1990 Cathy met informally with Dervish and was shortly afterwards asked to join the band.
Her performances with Dervish have thrilled audiences and sparked off attention right across the board. It is no exaggeration to say that Cathy is regarded as one of the finest traditional singers in Ireland today.
- http://www.dervish.ie/
- http://www.rambles.net/dervish.html
tierra sin mal
juin 8, 2008
Raul Barboza*sur esprits nomades
« Chaque fois que sortent de mon accordéon les notes d’une mélodie, ce n’est pas seulement d’une mélodie dont il s’agit. C’est comme s’il s’agissait du début d’une histoire, un silence est comme une respiration, un repos…, un accord peut exprimer un sentiment d’amour ou de peur. De mes ancêtres j’ai appris à faire en sorte que l’accordéon devienne la continuation de mon esprit qui n’utiliserait pas la parole comme moyen d’expression. De mes ancêtres j’ai aussi appris à écouter les diverses voix de la nature : le chant des oiseaux, le galop des animaux, le souffle du vent, les trains qui passent dans leurs fumées et qui soufflent en grimpant les pentes, des foules qui bruissent et rient… «
© esprits nomades
Un cri de paix
mai 25, 2008
Tu ouvres ce soir des yeux merveilleux
Tu regardes les hommes, la terre, la vie
Tu as des yeux sur tout le corps
Ta bouche regarde, tes poumons aussi
Tes mains ouvrent cinq paires d’yeux
Ton ventre ton sexe tes pieds
Par la la vue prennent possession
De l’écorce somptueuse du monde
Ton destin regarde. Tu veux tout voir
Tu veux être pierre avec les pierres
Arbre avec les arbres
Rossignol avec les rossignols
Humains avec tous les humains.
(…)
© René Depestre, rage de vivre, seghers
© L S, 2001
Aimé
avril 18, 2008
« au matin rouleur de la première force de la première épave de la dernière aurore
nos dents feront le bond d’une terre en haut d’un ciel de cannelle et de girofles
tu ouvriras tes paupières qui sont un éventail très beau fait de plumes rougies de regarder mon sang battre
une saison triomphante des essences les plus rares
ce sera tes cheveux
ballant au vent puéril la nostalgies des longues canéfices«
( © Aimé Césaire, Antipode, in « cadastre », seuil )

© L S, exote, 1997
la tourmente Césaire me frappe, moi , Aimé sur la rive , mais le monde qu’il chante, la vision de l’homme qu’il appelle/interpelle est peut être moribonde , morte , pour ainsi dire , tuée, et que l’oppresseur , lui bien gras et bien portant , kosar renégat rend visite heureux d’en avoir fini , clown d’un revers de manche fait s’envoler les squelettes des colombes , plumes atomisées et épines au bec
portant à bout de bras notre mort …. nègre tu reviens en brume danser le pays natal comme une promesse de remonter le fleuve, au beau son d’une flute qui fleurte avec le diable et chante les amours face à face
retour au pays natal , rebelle le charnier des rêves , mots monde de notre fierté .
Le désir, Son désir exigeait je crois, de Titien sinon qu’il dépèce les apparences, au moins qu’il pénètre et se fonde dans la peau des choses. Or parce qu’ humain et parce que peintre, il a buté contre l’impossibilité d’accomplir un tel acte : la nature profonde, l’animal en l’homme, les poils du monde sont inatteignables, et surtout : irrépétables, irreproductibles. (…)











