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accord parfait

les jours viennent comme viennent les jours dans l’épaisseur
par dessus, une couche de brume cache la lumière qui finalement ne doit pas cacher ce qui vit dans le jour
C’est un grand reptile qui somnole plutôt que de courir dans les bois
non que la vitesse importe ni que le recul suffise
l’observation, la peau et l’épaisseur ne figent
un personnage pense qu’il est important de s’attarder et de s’asseoir avec quelqu’un, il frôle le lac en songe, peut être un bras dessus un bras dessous permet d’être plus réceptif ou tout simplement est-ce confortable, l’un à l’autre s’accordant à la vue
l’air est pesant et soutient l’ensemble, dans l’île, le coeur est joyeux et l’homme qui regarde ne sent pas le poids dans la fumée

la brume, le sommeil, l’image et l’esprit se superposent.

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à l’ombre de l’armoire

L’inculte a une figure d’esthète, je suppose que c’est une chance d’avoir pu tenter de noyer l’assassin dans un flot de mots et d’avoir combattu la brume pour échapper au voleur, à cette conviction de voir mourir par étouffement enterré à force de grand renfort de brouette de terre, j’allais périr quand j’ai ouvert la porte de la chambre condamnée, Barbe bleue était parti faire un tour du moins la pièce était vide et elle était chargée de livres.

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Avoir grandi dans l’ombre des grandes bibliothèques, qui me semblaient énormes qui l’étaient peut être moins, avec des livres dans les placards, des livres d’une autre époque que l’on ne lisait plus,  le voleur est pendu, le voyageur s’initie à l’opium, les musiques sont de cristal et je suis un enfant, une éponge dans ce bain de la fertilité, j’absorbe. 956813ffa1812dacdfc88384fe9f1394Dans la campagne de brume, mes jeux et mes découvertes  se fondaient au propre comme au figuré dans le bouquet d’arbres et le pré que la fenêtre au bord de la bibliothèque semblait prolonger sans qu’il n’y ai aucune différence ni de frontière.

Cela semblait désespérant car rien n’arrêtait cette échappée, ma longue course à travers les lieux et les livres, une aveugle histoire aborigène   tout était prétexte à ce déplacement, les grandes légendes ne sont des portes vers des lointains, je les ouvre j’accède au parfum comme celui de cette femme sombre  et que le hasard matérialise dans une poche rare, et puis les journaux froissés du quai du train, mes pas frôlent les ailes de ces papillons tristes qu’il faut ouvrir pour réveiller le grincement du coffre à rêve quand il s’ouvre et que je vais remplir entassant les rayons de sens caché.

écriture du vivant

Originally posted on De l'eau sous le menton:

gugan_031_m_crop (c) Gu Gan

[Gu Gan 3] C’est souvent dans ce croisement fructueux, dans cette germination que la nouveauté et le changement naissent. Au delà du concept et du canevas inconscient, ce qui reste de la calligraphie semble se diluer dans le plus vaste écrit, moins dense qu le caractère Roi,   tenir à la fois de l’écriture qui de nos jour a colonisé tous les aspect de notre vision, s’emparant de l’image, du calcul et de tout ce qui est forme d’expression. Elle à perdu cette royauté du caractère qui était proche du geste et mettait l’accent sur l’expression. Aujourd’hui tout se mêle et s’entrecroise pour former un rapport au réel complexe ou la chose écrite est diluée mais se retrouve dans tous les secteurs de ce que nous apercevons, sommes l’objet, côtoyons dans ce monde fortement diversifié, rendue au divers et qui ne témoignent plus d’un geste qui l’éclaire mais…

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la chose écrite est partout

La chose écrite est partout, elle n’est pas création exclusive. L’homme s’est inspiré des rythmes pour en faire cette trace du vivant qui lui est intelligible, qui synthétise l’expérience dans cette forme haute.  La forme n’est pas formule, l’écriture est rendue au divers, simples bâtonnets et boucles comptables dont la simplicité permet de rendre compte aussi rapidement que possible toutes les manifestations de ce qui parvient jusqu’à nous. Le monde fait des événements, des description des phénomènes, de suites mathématiques des statistiques des récurrences des comptes et des inventions, ce qui est écrit et chiffré est une projection du réel comme un entonnoir par où rentre l’agissant comme comme une projection sur grand écran dont l’ensemble semble un tableau accumulation de régimes binaires ou mots sans résonances qui ne font que répéter la même histoire, rendent compte à l’infini. Dans dette plongée en soi d’un vertige mathématique et littéraire le monde n’arrête pas de se voir refléter en lire. Pourtant l’humain est  présent et cette tentative de rendre tout semblable entre les lignes d’un agenda ou  calendrier, lignes de codes et retour à la ligne sans fin d’un journal, d’une liste qui se déplie, aucun caractère qui ne serait pas de titre, plus gros que le précédent alors que certains englobent tout jusqu’à cacher dans la liste l’énergie à cru et qui seule peut être remonte à la surface c’est ce qui est lu.

Código digital de un programa con el mundo como fondo Esta es una imagen editada con un programa de diseño. Algunos componentes de este montaje están cedidos cortesía de la NASA y pueden encontrarse en http://visibleearth.nasa.gov/
Código digital de un programa con el mundo como fondo
Esta es una imagen editada con un programa de diseño. Algunos componentes de este montaje están cedidos cortesía de la NASA y pueden encontrarse en http://visibleearth.nasa.gov/

Il n’y a plus les pages du livre qui frottent comme des symboles qui se fichent directement à notre entendement. les yeux piquent comme une seringue, des manifestations chiffrées ou lettrée déplorent l’absence du scribe ou du lecteur accroupi , il y a une injection directe de l’information au cerveau sur le message chiffré du monde, les neurones en sont pleins, sans que le corps en tant qu’entité corporelle et non statistique ne participent, jusqu’à ce que la révolte gronde, les particules de l’immense torrent du monde se poussent agglomérant autour d’elles un dessin comme une forme dont nous sommes conscient, sensibles aux échos, même si nous n’en sentons le pouls, n’en voyons que la queue, la masse, le détail, la répercussion, l’image à la tv, le plan général répété jusque dans nos vies, structures que nous répétons dans notre travail mais pire dans la cellule que nous laissons au plus proche de l’intime. Alors d’une main de maitre le calligraphe vient opposer ce qui n’est pas chiffrable qui est une poésie, une philosophie, un trait, symbole étrange profond, somme de tous nos cauchemars, répétés à l’envie comme formule partielle, forme calligraphique, graphitique, géographique, dessin primitif d’un humain stylisé qui fait peur, dont le sens nous est devenu très lointain et primitif, la sommes des coins de ce monde. Il se nourrit de nous, il se nourrit du monde. C’est pourquoi le calligraphe en a fait le dessin symbolique à l’encre par dessus le papier journal rempli des éléments anodins et traumatisant de notre monde programmé que nous ne savons plus transcrire. C’est pourquoi le calcul du génome est inexact et sa poésie problématique.

Vous m’avez cassé la tête fêlé l’ossement creusé  le tendre entendez vous le grelot qui teinte la graine sèche qui sonne le glas quand  claque le percuteur  on secoue l’homme la terre cuit  le bois se fend le tonnerre gronde
C’est un Jet fendu à vos trousses la corde usée râpée étirée tendue jusqu’à ça casse n’est plus nouée à l’arc plus assez bandé pour se remettre à fendre l’air tigre rugit blessé roué fané la queue longue  balaye par  les chemins par monts par vaux  la campagne bat les flancs le rythme jusqu’à ce que sorte le loup du bois
Alors encore un coup de corne un coup de patte encore une fois de la semelle du plat du talon refuser  refouler en avant en courant enfuir à travers l’eau le train leur donner du fil à retordre

(c) Kawasaki
(c) Kawasaki

Pot au rose

Le trésor dans le coffre l’Amazone dans le coffre
des dos l’ombre dans la journée
des mots fatras des mots joyaux
a dévoré le jour quand elle s’est enfuie
l’empreinte de ce qui n’y est plus trace de doigt trace de poussière dans un sachet sur ma poitrine
muscles bandés et la flèche les bourses le jet d’urine l’arrosoir cosmique pas sur la peau une zébrure une tracée laissée par le couteau
c’est l’estuaire ouvert par la colère le ressentiment les fers et l’eau par la voie d’eau ouverte dans la poitrine
eau salée eau de mer poissons requins et méduses voilier sur le palmier et l’étoile la bavarde
par ma gorge par mon torse s’éteint cet éraillement
l’exil est voix d’eau râpe râle âpre voie d’eau opaque
sur le fleuve eau du fleuve eau de sang femmes au marché femme sur la couche hommes d’errance changent les nouveaux né braillards

magnifique photot , auteur inconnu
Frank Brangwyn (1867-1956) Study for “British Empire Panels”, The Guildhall, Swamsea, 1925 Unique gelatin silver print.

« l’idée de l’innocence perdue dans un monde qui fait de l’enfant un mutant qui perd ses points de repère et en invente d’autres » (Tanella Boni, la diversité du monde)

Ceux-là ne vous voient pas

Tout ce qui fait l’intelligence du monde et que je tente à grand peine de rejoindre , tout cela pour eux est lettre morte , comme si rien n’avait jamais existé, il faudrait accepter et supporter leur regard vide Mais curieusement l’intelligence du monde trempe dans l’humanité de tous y compris de ceux qui s’habillent de mépris.

J’allume une pipe sans qu’il n’y ait rien d’autre à dire.

A cette époque il y avait le Salutation et  j’allais au pub à l’angle de la rue boire une bière, ou deux ou trois, mais aujourd’hui je n’en boirai qu’une et j’aurai mon vieux Fielding dans la poche, ou Swift ou Sterne.

Rien de plus nécessaire qu’un endroit de repli où le temps s’arrête. Une table ou un talus. A une époque encore plus lointaine, j’aimais marcher au bord de la rivière. Les choses du monde parlaient bien plus fort que moi, leurs voix avaient bien plus d’importance et elles avaient pour nom foxglove, finch ou autre chose.

Aujourd’hui la vie ne ressemble plus à rien, il n’y a presque plus d’espace. le regard qui nous oppose dit clairement de ne surtout pas croire que l’on pourrait avoir une importance, même lointaine. Ceux qui sont jeunes imposent leur regard aveugle et n’ont d’yeux que pour eux.

Il y a des gens qui vous voient arrêté ou qui ne vous voient pas.

tout est bien arrêté.

l'eau vive
l’eau vive

Un jour à Paris j’ai croisé une vieille dame qui venait de quitter son appartement de Melbourne, à l’en croire et si cela fut possible.

C’était elle endormie ?

Qu’elles sont ces choses par lesquelles on voyage et pourquoi ai-je ces images de vieux trains et  de  pluie, d’avion qui disparaissent vers la mer. Et puis il y a toutes ces figures de l’errance  et qui ne sont pas des images mais des ombres dans la brume et des visages au soleil.

Des voitures nous laissent sur le bas coté. Des gouts de fatigue.

Cécité

(c) Kuriyama Shigeru, airplane
(c) Kuriyama Shigeru, airplane

Pourquoi dis tu que tu n’oses pas ? pourquoi restes tu arrêté immobile dans la nuit  et l’air qui tambourine écho de chemins ouverts qui tournent le dos je te vois te détourner d’une foule et je ne te regarde pas pourquoi ne me regardes tu pas ton dos en bas le gros dos pour toute réponse la moue je n’entends pas je ne vois pas je ne parle pas je te bouscule d’air sans heurt de coup qui fasse mal je suis arrêté quand tout bouge tes yeux ignorent me demandent pourquoi alors que tu veux pourquoi restes tu à taper des pieds  et ne réponds tu pas ? pourquoi pourquoi pourquoi alors qu’il y a tant de monde et que  je suis là et que je te plais et que je me balance comme une tige sur le vent qui attend le vent et que tu es le vent que le choix bariolé de mes étoffes et de ma peau est de cuivre et qu’il y a du bruit tu pourrais au moins me regarder me faire face au moins enclencher un début de phrase au moins cesser d’être un dans la foule te laisser entrainer au lieu de remonter sur la rive et faire semblant qu’il y a des fleurs
il poursuit sa décadence il est des questions qui restent sans réponse ne pas apporter de réponse est un début de cécité cheveux au sec corps sec corps oublieux sur le sable comme échoué même s’il continue à marcher sable qui a fini de fertiliser  sable qui est une métaphore mot qui est loin du parler qui est sans métaphore la danse par contre agite les bouts de corps et tutoie les membres démembrés souhaite répondre s’enchaine se déchaine déchaine t’entraine, t’éloigne, tu, tellement sec ne pleure même pas Il n’y a pas d’image quand tu te détourne pas de point juste un présent qui s’étire.