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Vous m’avez cassé la tête fêlé l’ossement creusé  le tendre entendez vous le grelot qui teinte la graine sèche qui sonne le glas quand  claque le percuteur  on secoue l’homme la terre cuit  le bois se fend le tonnerre gronde
C’est un Jet fendu à vos trousses la corde usée râpée étirée tendue jusqu’à ça casse n’est plus nouée à l’arc plus assez bandé pour se remettre à fendre l’air tigre rugit blessé roué fané la queue longue  balaye par  les chemins par monts par vaux  la campagne bat les flancs le rythme jusqu’à ce que sorte le loup du bois
Alors encore un coup de corne un coup de patte encore une fois de la semelle du plat du talon refuser  refouler en avant en courant enfuir à travers l’eau le train leur donner du fil à retordre

(c) Kawasaki
(c) Kawasaki

Pot au rose

Le trésor dans le coffre l’Amazone dans le coffre
des dos l’ombre dans la journée
des mots fatras des mots joyaux
a dévoré le jour quand elle s’est enfuie
l’empreinte de ce qui n’y est plus trace de doigt trace de poussière dans un sachet sur ma poitrine
muscles bandés et la flèche les bourses le jet d’urine l’arrosoir cosmique pas sur la peau une zébrure une tracée laissée par le couteau
c’est l’estuaire ouvert par la colère le ressentiment les fers et l’eau par la voie d’eau ouverte dans la poitrine
eau salée eau de mer poissons requins et méduses voilier sur le palmier et l’étoile la bavarde
par ma gorge par mon torse s’éteint cet éraillement
l’exil est voix d’eau râpe râle âpre voie d’eau opaque
sur le fleuve eau du fleuve eau de sang femmes au marché femme sur la couche hommes d’errance changent les nouveaux né braillards

magnifique photot , auteur inconnu
Frank Brangwyn (1867-1956) Study for “British Empire Panels”, The Guildhall, Swamsea, 1925 Unique gelatin silver print.

« l’idée de l’innocence perdue dans un monde qui fait de l’enfant un mutant qui perd ses points de repère et en invente d’autres » (Tanella Boni, la diversité du monde)

Ceux-là ne vous voient pas

Tout ce qui fait l’intelligence du monde et que je tente à grand peine de rejoindre , tout cela pour eux est lettre morte , comme si rien n’avait jamais existé, il faudrait accepter et supporter leur regard vide Mais curieusement l’intelligence du monde trempe dans l’humanité de tous y compris de ceux qui s’habillent de mépris.

J’allume une pipe sans qu’il n’y ait rien d’autre à dire.

A cette époque il y avait le Salutation et  j’allais au pub à l’angle de la rue boire une bière, ou deux ou trois, mais aujourd’hui je n’en boirai qu’une et j’aurai mon vieux Fielding dans la poche, ou Swift ou Sterne.

Rien de plus nécessaire qu’un endroit de repli où le temps s’arrête. Une table ou un talus. A une époque encore plus lointaine, j’aimais marcher au bord de la rivière. Les choses du monde parlaient bien plus fort que moi, leurs voix avaient bien plus d’importance et elles avaient pour nom foxglove, finch ou autre chose.

Aujourd’hui la vie ne ressemble plus à rien, il n’y a presque plus d’espace. le regard qui nous oppose dit clairement de ne surtout pas croire que l’on pourrait avoir une importance, même lointaine. Ceux qui sont jeunes imposent leur regard aveugle et n’ont d’yeux que pour eux.

Il y a des gens qui vous voient arrêté ou qui ne vous voient pas.

tout est bien arrêté.

l'eau vive
l’eau vive

Un jour à Paris j’ai croisé une vieille dame qui venait de quitter son appartement de Melbourne, à l’en croire et si cela fut possible.

C’était elle endormie ?

Qu’elles sont ces choses par lesquelles on voyage et pourquoi ai-je ces images de vieux trains et  de  pluie, d’avion qui disparaissent vers la mer. Et puis il y a toutes ces figures de l’errance  et qui ne sont pas des images mais des ombres dans la brume et des visages au soleil.

Des voitures nous laissent sur le bas coté. Des gouts de fatigue.

Cécité

(c) Kuriyama Shigeru, airplane
(c) Kuriyama Shigeru, airplane

Pourquoi dis tu que tu n’oses pas ? pourquoi restes tu arrêté immobile dans la nuit  et l’air qui tambourine écho de chemins ouverts qui tournent le dos je te vois te détourner d’une foule et je ne te regarde pas pourquoi ne me regardes tu pas ton dos en bas le gros dos pour toute réponse la moue je n’entends pas je ne vois pas je ne parle pas je te bouscule d’air sans heurt de coup qui fasse mal je suis arrêté quand tout bouge tes yeux ignorent me demandent pourquoi alors que tu veux pourquoi restes tu à taper des pieds  et ne réponds tu pas ? pourquoi pourquoi pourquoi alors qu’il y a tant de monde et que  je suis là et que je te plais et que je me balance comme une tige sur le vent qui attend le vent et que tu es le vent que le choix bariolé de mes étoffes et de ma peau est de cuivre et qu’il y a du bruit tu pourrais au moins me regarder me faire face au moins enclencher un début de phrase au moins cesser d’être un dans la foule te laisser entrainer au lieu de remonter sur la rive et faire semblant qu’il y a des fleurs
il poursuit sa décadence il est des questions qui restent sans réponse ne pas apporter de réponse est un début de cécité cheveux au sec corps sec corps oublieux sur le sable comme échoué même s’il continue à marcher sable qui a fini de fertiliser  sable qui est une métaphore mot qui est loin du parler qui est sans métaphore la danse par contre agite les bouts de corps et tutoie les membres démembrés souhaite répondre s’enchaine se déchaine déchaine t’entraine, t’éloigne, tu, tellement sec ne pleure même pas Il n’y a pas d’image quand tu te détourne pas de point juste un présent qui s’étire.

souspente ou l’autre accroché au rocher

Certains pleurant amarrés à un vieux pieux fiché dans le sol dans le fond marin et recouverts d’escargots autant de mots qui tentent d’en finir avec le corps avec la mer elle même. De notre désaccord  j’ai payé par mes refus de ne pas me laisser entrainer par le vague la vague du même au même il naîtrait la confusion la peur le pleur à une mer enflée mon mot à enflé a fini par emporter comme par des dents arraché une partie que je refuse de céder ce que je ne pouvais céder vers quel estomac vers quel cimetière vers quel pourrissement seule la carcasse est demeurée qui me sers de ligne de flottaison avec qui je parle aujourd’hui le fol l’espoir de rejoindre en courant la densité.

(c) uedasokyu
(c) uedasokyu

mélangé ou notes contre la connerie ordinaire

Je sais que j’ai du sang noir

c’est lorsque je fleuri
je pleure je trahi te rattrape à terre JE SUIS I AM
je m’oublie  je désire je suis comme toi je valse  et tous les autres verbes en langue originale lassée d’être originale et qui se superposent pas plus novlangue que pidgin, JE TE PARLE par ma bouche tu sors  tu rentre ma langue dans ta langue sans précédent se fécondent sans que pour autant je baise la faconde déborde

(c) Eric Bridgeman 5, BLACK BEAUTY
(c) Eric Bridgeman 5, BLACK BEAUTY

Qu’est ce que le nous qui serait Je et non plus tue alors je ne dis rien je me contente de penser que les hommes circulent librement dans mon sang

Pourquoi ne puis je me contenter d’être, c’est un peu que je suis las de te voir faire des victimes d’entendre dire « Black lives matter » d’entendre parler de Baltimore et maintenant de Charleston IMG_0852 de voir ta beauté opposer la mienne alors que

je suis crépu je suis bronzé j’ai des poils sur le poitrail et mes ancêtres chassaient le phoque et la baleine à Terre Neuve ,

ahahahaha que c’est bon d’être tout mélangé !
refrain ,
ah la blanche n’est plus ce que c’était , elle à noircie elle a roussie elle a même des rayures jaune et le sang a fait des petits

notes sur ma Glissantéitude :
comme  je vois les choses ,  un vif mélange de tous les jours ou je suis noir blanc jaune, blonde et brune, pas juste parce que cj’ai envie pour une raison quelconque, pas juste que la couleur importe mais l’odeur, le parfum le gout, le son le geste le monde entier, mais   furieusement à l’écoute et que comme dit Césaire un seul mot qui manque et nous sommes incomplets , finalement je continue à être très glissantien
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notes sur la connerie ordinaire et  que je déplore
Je suis ben content (last news from the library)
j'ai vu une qui faisait le ramadan foncer dans le lard du gros gars qui déblatérait sur les arabes lui a demandé de la fermer , ce que nous aurions du faire 
 moi et la stagiaire on se tenait pu de joie
 renseignements pris elle en avait assez d'entendre déblatérer sur son compte sans rien dire 
 je suis ben content
j'ai vu une beauté enturbannée dans un voile des plus seyant même que j'étais à deux doigts de faire le même 
 moi et la stagiaire on lui a demandé comment on faisait et on a juré que le lendemain on viendrait en boubou
je suis ben content 
 on a empêché un désespéré de sauter par la fenêtre et on lui a filé les oeuvres complètes de CAMI à lire avant la semaine prochaine et pi un DVD  
moi et la stagiaire on avait ben envie de faire une soirée pijama mais les gens étaient pressés de rentrer chez eux
la prochaine fois peut être
alors  à la française on a fait une énorme farandole à travers les rayons qui auraient bien voulu les pauvres mais pouvaient pas et on est parti en chantant lalalalalalala
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j’ai parlé avec elle après , elle souffrait d’être constamment immergée dans notre connerie ordinaire , comme je la comprends , elle a même cru bon de s’excuser tant elle voulait être au dessus de la mêlée , je crois qu’elle a compris que j’étais avec elle et qu’ell pouvait compter sur moi.

jeux matinaux

rappelle moi le désir c’est, j’ai envie de le désir c’est vers quoi mon regard va
s’il ne se reconnait pas il s’oublie ou bien il se rappelle ou imagine
il se perd suit les traces de Moïse  l’orphelin la patriarche
les moustaches du poisson-chat au bout de la ligne
aux jours de l’osier je suis témoin
la mer rouge / l’anse /  j’y étais
je me suis réfugié entre tes jambes
veux tu de moi dans le panier enroulant tendrement le serpent / éponge au lait du bain mortel
guet ouvert à travers la mer rouge Cléopâtre dans le sang des fruits je te soumets je suis le grand Khan j’
annexe ton royaume à cheval sur ta croupe à travers ton empire d’est en ouest aussi loin tant que la nuit peut se coucher

(c) Angus mc donald, melon + shawl
(c) Angus mc donald, melon + shawl

poussière magique / soupière tragique / psalmodie triste et coup de sang / membres et suc / gicle et buse sur mon poing l’oiseau souffre et boit / Lady casquée et fiole de poison / justeaucorps / écailles sur ton corps / mince bande / museau ou Jambes en fuseau / groseille violette jaune acide et pincement Rêves je ne rêve pas

(c) Angus mcDonald , dreams
(c) Angus mcDonald , dreams

à contre cœur on se retrouve dans un gant de crin
mis en travers de ta croupe quand tu galope et que je m’accroche à tes sabots  martelant ma poitrine  le fil recoud les blessures    les coups de pieds sur la peau du félin
claquement l’amour à coup de marteau me rentre dans la chair
la grosse vague tant attendue me noie m’assèche  m’assaille il n’y aura pas de prisonniers dans le vert tendre de l’aube

L’orage, il n’est pas besoin de grand mot pour parler

Comme on dit des œufs quand ils montent en neige sublimés par chaque tension de la mêlée empreinte des correspondances.

(c) Matana Roberts
(c) Matana Roberts

On a beau extraire la voix / ce qui semble ce mouvement incessant de la ville la gestuelle urbaine monte non retirée de sa matière / de la lumière cafardeuse mais augmentée de la certitude qui l’effile elle n’est pas une épée plutôt l’orage des soifs et garde sa puissance singulière la voix monte incessante méditation au milieu du brouhaha rehaussée du tranchant détaché du collage fondu dans la colle elle parvient à frapper comme un coup de poing qui échappe dans la beauté elle est belle elle s’entend elle est spiritualité elle s’étend comme l’énergie du bruit montée en musique il n’y pas de point il n’y a pas de ligne juste la voix ascensionnelle

La voix s’apaise la paix s’étend sur les bruits anciens un poème autoproclamé pourtant parle des départs des troupes en Irak on se souvient tous du GI et on allume des bougies et le noir se fait sans que la salle se rallume. Il n’est pas besoin de l’argot des rues pourquoi taguer les murs quand on peut s’exposer à la voix   dessiner à la vitesse infinie du son faire surgir de tous les dessins le dessin la forme indigo le trait épais la spirale qui recouvre toutes les autres la voix fine quand la voix se fait rauque  la voix vaste la main large comme le temps et le dessin qui la maintient.

(c) Matana Roberts
(c) Matana Roberts

focus long

Par la porte rejoignant sans ouvrir la fenêtre les histoires sans nombre qui marchent fermés sans les qualifier dans la rue des gens qui restent anonymes mais parlent dans leur sommeil et écrivent l’histoire dans les rides et s’attablent pour boire un coup ou frappent ou s’abstiennent le soir quand épuisés ils rentrent / elle en parle par stridence et sans rien proférer qui ne soit définitif préférant un rythme d’écoulement et pèse, le mot même est de trop quand il faut évoquer/ une image alors ou mieux une succession une suite un collage un défilement car alors aucun focus ni de traine ni ne demande des explications réveillant ce qui ne dort pas mais s’étend jusqu’à ce que ça lâche, claque , s’interrompt brutalement dans un ton de déflagration comme la ville en est plein. / Chaque son reprenant l’échange ou la rencontre quand UN s’additionne à un s’ajoute se confond dans des corps des instants violemment qui ne forment jamais une image s’étoffe qui couvre à jamais et sans conclure qui ne vaille un son le son qui sans résumer sans pli limitent la tendresse.

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REenact

(c) Matana Roberts
(c) Matana Roberts

A l’instant d’écrire on ne reproduit pas les pages et les pages passées au filtre des bancs d’école et des éditeurs, le stylo n’émet pas un sifflement avant de fondre sur la page, un doigt en l’air comme de prendre le thé, les souvenirs affluent ils ne sont que souvenirs autant dire feuilles mortes, les pages et les pages vibrent de la surchauffe de l’instant elles n’entendent plus leur voix, elles vont de plus en plus vite et c’est là qu’elles sifflent.

Dans le lointain il y a comme une sirène de police, ce son pourrait être déplacé mais il ressort nettement Matana dit quelques mots comme elle est contente d’être là et qu’elle va souffler, elle a une voix toute douce que peut être elle tient du fleuve elle porte une jupe et elle tient à dire que les vie noires ont de l’importance toutes les vies ont de l’importance les vies point barre, noires vies sirènes de police.

Le sax prend la relève, ne sert plus à rien de parler ou d’écrire. Matana fait parti des musiciens qui aiment la poésie, elle aime le texte elle aime la voix elle aime dire elle fait des collages elle récupère elle divulgue elle collecte, des voix des musiques des histoires des coup de pinceau un coup de colle des instantanés une image des images se superpose ça sèche n’en fait plus qu’une tout est filtré dans la voix comme effilé dans la personnalité la vie qu’elle pousse devant soi et les milliers de vies qui roulent celles d’avant de maintenant d’hier qui sont mortes et exigent le saxo prend le temps de les dire toutes il reste dans le présent, il pousse retient regarde et délivre menace comme les vies niées menacent ont peur et sont en suspend pas de point rien ‘est arrêté tout coule revient revient encore incessamment est rappelé le texte n’est pas un texte il s’inscrit et parle divulgue pulpe rond strident calque colle collage à la colle qui pulpe à la voix qui ne dit pas mais rappelle c’est une longue histoire et qui continue news break un poème la voix documente comme un court film fait de petit clip et d’images superposées sont une introduction un résumé une réenaction                          REenact             RE en ACT

Y a t’il de la colère, la voix s’astreint à un débit lent aussi lent et posé que la réalité ce qu’à force on peut nommer comme cela et qui rassemble tous ces éléments qui affleurent le soir au JT ou qui devraient si on en parlait, il s’agit de violence de pouvoir caché mal utilisé d’au final ce que cela permet comme le poing déguisé de la loi qui matraque les pauvres pour ouvrir le chemin à qui , peut importe la voix se fait large comme un beau travelling qui n’a rien d’élégant mais permet de voir, ce qu’il se passe et ce que cela veut dire

retranscrit en musique, rappelant les images et la figure magnifique de Matana se dessine qui entrouvre les pans épais comme pour laisser voir au delà du ressentiment, presqu’objectivement ce qu’il faut bien comprendre et écouter, on le fait parce que derrière une vie vibre du souffle quand elle profère une vie est le point par où tout cela commence revient ondule par lequel tout cela revient reprend vie comme nous pouvons l’entendre.

black lives matter

This is a work in progress. This live iteration was placed in the universe 8pm Dec 3rd, 2014 at Roulette Intermedium, Brooklyn NYC It is a concert length, durational sound experiment based on a video/paper graphic score sound strategy I created that is also part dice game…..The Video Score: created around imagery of Michael Brown, Trayvon Martin, Tamir Rice and etc… I will load the video somewhere else and link later…. the background image is a page of the score game. The entire score( paper and video combo) is based on the grand jury testimony of Darren Wilson and Dorian Johnson as well as various modes of astral numerology and ecological coordinates as related to Ferguson Missouri and the murder of Michael Brown. Sound adventurers, other than myself in this configuration are: Liberty Ellman, Guitar Kevin Tkacz , bass Ches Smith, drums I am playing alto saxophone, loop pedal, tape player, clarinet, wind up timer and I am using conduction patterns created by the great late Butch Morris. text i am reading: Policy Mic : mic.com/articles/96448/5-dist…tarization-in-america This is still VERY much a work in progress…. im most curious about modes of social justice, improvisatory sounds and how the two coincide in realms of sound experimentation for the purpose of pushing change and reform…. thanks for listening. and please continue standing up for what is meaningful to you through art making…. someone out there needs you.

https://soundcloud.com/matana-roberts/black-lives-matterall-lives-matter

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