ma patrie de lune

face à face millénaire dans les alpages et les estives
le fromage en pis à l’abri des coups de crocs
les pâquerettes à l’ombre pyrénéenne

l’herbe sûre se durcit en cime
la veillée de laine
belle
emmitouflée noire

les arbres moires houlent en écho
giflent les feuillures
d’un tracé ocre
par tiges et penchent


graves les troncs
bas accords sourds
les laies
comme portée en rayures de temps


qui presque cèdres se suffisent hêtres

tord à brèche embûchée

les clairières assouplissent aux ramées d’arbres


et jettent un manteau
pesante étouffe de bure
étole se flanque écrin
roches
sonailles
clochent en atout crin

crocs en jambes
les deux boules de poils se hérissent
s’affrontent au recul millénaire
arriment la sagesse animale
aux strates réitérantes du temps

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