la forge du poète


Mais la poésie n’est pas des sornettes

la poésie est forgée
l’histoire est faite de sang
de celui des hommes
de leur souffrance
de leur meurtre radical

Je ne veux consentir à la vision de l’histoire
mon pays n’est pas celui là qui se batie sur le déni de l’autre
se glorifie de la violence
de la négation
de l’asservissement
avec en filligrane le soupçon d’une supériorité barbare

un pays qui n’admire pas ce sursaut de l’homme enchainé à clamer son existence
reconstruire son identité et rejaillir des pousses de l’humanité reconquise

Je suis de ce pays-ci
je me reconnais dans les blessés les humiliés les éclopés
des ravages du plus fort qui broit l’enfant dans son poing
je me relève à chaque fois que la violence arrache la graine porteuse de l’espoir de la vie de la différence ,
Je veux tendre la main à la laisser naitre

Monde inique qui voudrait qu’on lui tende un miroir à se voir nymphe et qui est harpie

Le poète nous dit la révolte de l’homme et sa rage d’être

je suis de ce monde là
pas de celui qui nous rogne
nous dénie notre humanité sempiternelle

la poésie est faite de son sang
à transformer sa condition
à muer
devenir ce qu’ il pressent
ce qu’il sait être
au dela de ses chaines

Vive cette fougue à se retrouver
à se recréer
à renouer la déchirure de ses charmilles

Aujourd’hui plus que jamais le monde a besoin de ses prophètes car l’heure est à dire sa préférence et se réclamer de vive lignée

Je veux être ce lambi à l’oreille de la musique sur l’immensité .

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